Hyenas

Moby · Last Night [2008]

Jadis, si je me souviens bien

Ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs

Où tous les vins coulaient



Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux

Et je l'ai trouvée amère

Et je l'ai injuriée

Je me suis armé contre la justice



Je me suis enfui

Ô sorcières, ô misère, ô haine

C'est à vous que mon trésor a été confié



Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit

Toute l'espérance humaine

Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait

Le bond sourd de la bête féroce

J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant

Mordre la crosse de leurs fusils



J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable

Avec le sang le malheur a été mon dieu

Je me suis allongé dans la boue

Je me suis séché à l'air du crime

Et j'ai joué de bons tours à la folie



Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot

Or, tout dernièrement, m'étant trouvé sur le point

De faire le dernier couac! j'ai songé à rechercher

Le clef du festin ancien où je reprendrais peutêtre appétit



La charité est cette clef

Cette inspiration prouve que j'ai rêvé!

"Tu resteras hyène, [unverified]"

Se récrie le démon qui me couronna

De si aimables pavots



"Gagne la mort avec tous tes appétits

Et ton égoïsme et tous les péchés capitaux"

¡Ah! j'en ai trop pris Mais, cher Satan

Je vous en conjure, une prunelle moins irritée!



Et en attendant les quelques petites lâchetés en retard

Vous qui aimez dans l'écrivain l'absence

Des facultés descriptives ou instructives

Je vous détache des quelques hideux feuillets

De mon carnet de damné