Vladimir Ilitch

Michel Sardou · Les Grands Moments (Best Of) [2012]

(Jean-Pierre Bourtayre/Pierre Delanoë/Jacques Revaux/Michel Sardou)



Un vent de Sibérie souffle sur la Bohême.

Les femmes sont en colère aux portes des moulins.

Des bords de la Volga au delta du Niemen

Le temps s'est écoulé il a passé pour rien.

Puisqu'aucun dieu du ciel ne s'intéresse à nous

Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous.



Toi, Vladimir Ilitch, t'as raison, tu rigoles

Toi qui as voyagé dans un wagon plombé

Quand tu vois le Saint-Père ton cousin de Pologne

Bénir tous ses fidèles dans son auto blindée.

Toi, Vladimir Ilitch, est-ce qu'au moins tu frissonnes

En voyant les tiroirs de la bureaucratie ?

Remplis de tous ces noms de gens qu'on emprisonne

Ou qu'on envoie mourir aux confins du pays.

Toi, Vladimir Ilitch, au soleil d'outre-tombe

Combien d'années faut-il pour gagner quatre sous

Quand on connaît le prix qu'on met dans une bombe ?

Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous.



Où sont passés les chemins de l'espoir ?

Dans quelle nuit au fond de quel brouillard ?

Rien n'a changé : les damnés de la Terre

N'ont pas trouvé la sortie de l'enfer.

Toi qui avais rêvé l'égalité des hommes

Tu dois tomber de haut dans ton éternité.

Devant tous ces vieillards en superbe uniforme

Et ses maisons du peuple dans des quartiers privés.



Toi, Vladimir Ilitch, si tu es le prophète

Vient nous parler encore en plein cœur de Moscou

Et répands la nouvelle à travers la planète

Amis du genre humain, ils sont devenus fous.