Musulmanes

Michel Sardou · Les Grands Moments (Best Of) [2012]

(Jean-Pierre Bourtayre/Jacques Revaux/Michel Sardou)



Le ciel est si bas sur les dunes

Que l'on croirait toucher la lune, rien qu'en levant les bras.

Comme un incendie sous la terre

Les aurores ont brûlé les pierres, blanchi les toits de Ghardaïa.

Voilées pour ne pas être vues

Cernées d'un silence absolu, vierges de pierre au corps de Diane

Les femmes ont pour leur lassitude

Des jardins clos de solitude, le long sanglot des musulmanes.



C'est un cri, c'est un chant, c'est aussi le désert et le vent

Tout l'amour qu'elles ont dans le corps

La gloire des hommes le chant des morts, la joie de porter un enfant.

C'est un cri, c'est un chant, c'est aussi la douleur et le sang

Toutes les fureurs qu'elles portent en elles

La peur des hommes, la peur du ciel et toutes les forêts du Liban.



Elles sont debout sur champs de ruines

Sous le vent glacé des collines que la nuit leur envoie.

Pour elles, le temps s'est arrêté.

C'est à jamais l'éternité, le crépuscule de Sanaa.

Voilées pour ne pas être vues

J'envie ceux qui les ont connues, vierges de pierre au corps de Diane.

Hurlant dans le silence énorme

À l'heure où leurs amants s'endorment, le long sanglot des musulmanes.



C'est un cri, c'est un chant, c'est aussi le désert et le vent

Tout l'amour qu'elles ont dans le corps

La gloire des hommes le chant des morts, la joie de porter un enfant

C'est un cri, c'est un chant, c'est aussi la douleur et le sang

Toutes les fureurs qu'elles portent en elles

La peur des hommes la peur du ciel et toutes les forêts du Liban.



C'est un cri, c'est un chant, c'est aussi le désert et le vent

Tout l'amour qu'elles ont dans le corps

La gloire des hommes le chant des morts, la joie de porter un enfant

C'est un cri, c'est un chant, c'est aussi la douleur et le sang

Toutes les fureurs qu'elles portent en elles

La peur des hommes la peur du ciel et toutes les forêts du Liban.