Vincent

Michel Sardou · Bercy 89 [1989]

(Jacques Revaux/Michel Sardou)



De Pont-Aven à Sotheby, des mornes plaines à Saint-Rémy

Et par centaines, des corbeaux noirs

Dans tes migraines, dans ton regard

Derrière l'église d'Auvers-sur-Oise

Une lumière grise, un bleu turquoise.



Tu auras mis longtemps, tu auras mis longtemps

Mais aujourd'hui, Vincent, Vincent

Tes ténèbres s'éclairent d'un éclat de diamant

Dans le rouge et le vert, tu es encore vivant, Vincent... Oh Vincent.



Près des chaumières de Chaponval, le ventre ouvert sous les étoiles

Comme le dormeur du clair de lune

Autour du cœur, deux taches brunes, ton sang

Et par dizaines, des oiseaux noirs, en bord de plaine aux abreuvoirs.



Tu auras mis longtemps, tu auras mis longtemps

À mourir calmement, Vincent.

C'est ton corps qu'on enterre, ce n'est rien d'important.

Dans le rouge et le vert, tu es encore vivant, Vincent.



Tu peux rentrer quand tu voudras, les champs de blé sont toujours là.

Le monde est fou, le jaune est roi.



Tes ténèbres s'éclairent d'un soleil éclatant.

Dans le rouge et le vert, tu es encore vivant.

Tu auras mis longtemps, mais aujourd'hui, Vincent, tu vends.