Le Verre Vide

Michel Sardou · Rouge [1984]

Un pincement au cœur

Dans le désert des heures,

Le bruit d'un ascenseur,

La bizarre rumeur



Et le monde commence,

En prélude à la danse,

Un visage lumière,

Le sang qui accélère

Et quelques mots informes

Dans un silence énorme,

Gestes incohérents,

Quelques rires en passant



Et pour combler le vide,

Un verre que l'on vide,

Et pour combler le vide,

Un verre que l'on vide.



Un frisson dans la nuit,

Un vertige, une envie,

Une flambée de chaleur,

Une étrange douleur.



Le corps qui se délivre

De son désir de vivre

Et, soudain, qui s'effondre

Et bascule dans l'ombre,

Deux ou trois mots informes

Dans un silence énorme,

Gestes incohérents,

Quelques rires en passant



Et pour combler le vide,

Un verre que l'on vide,

Et pour combler le vide,

Un verre que l'on vide.



Un océan qui roule

Des torrents et des foules,

Un horizon penché

Un lit pour se coucher.



Et la mer se retire,

Emportant le navire,

Nous laissant tout mouillés

Sur un sable argenté,

Deux ou trois mots informes

Dans un silence énorme,

Gestes incohérents,

Quelques rires en passant



Et pour combler le vide,

Un verre que l'on vide,

Et pour combler le vide,

Un verre que l'on vide.