Princesses Et Bergères

Salvatore Adamo · Olympia 67 [1967]

À quinze ans, je rêvais de princesses

À quinze ans, qui n'est pas conquérant ?

J'aurais fait les cent mille prouesses

Pour gagner les honneurs de son rang

Et je me voyais Gavroche, blessé au champ de bataille

Et à grandes taloches, chasser l'ennemi en pagaille



Mais j'oubliais ma princesse pour une bergère blonde

Qui me soignait de ses caresses à l'abri du canon qui gronde



À vingt ans, j'étais simple soldat

Amoureux de la fille d'mon adjudant

Mais de la façon dont il me montrait les dents

J'ai conclu qu'il n'serait jamais mon beau-papa

Et je me voyais capitaine, entouré de tas d'adjudants

Qui me priaient d'accepter l'étrenne de leur cadette de vingt ans



Mais j'oubliais la fille de l'adjudant, son père et toutes ces balivernes

Pour devenir le digne prétendant de la Madelon de la taverne



Maintenant, je suis prince charmant

C'est du moins ce que dit ma bergère

Je ne sais pas ce qui m'attend entre ces murs tout blancs,

Impatiemment je guette l'infirmière et je me vois déjà grand-père

Mes petits-enfants sur les genoux

En train de leur raconter mes guerres

Mes amours et mes quatre cents coups légendaires.