À L'Été De La Saint-Martin

Jean Ferrat · V.3 1965-66 [2009]

Etait-ce soir ou bien matin, comme à l'arbre une fleur se penche

Elle était lundi et dimanche, à l'été de la Saint-Martin

Le soleil n'avait pas atteint, sa peau de porcelaine blanche

Et son frémissement des hanches vous aurait fait chanter latin

À l'été, à l'été, à l'été de la Saint-Martin



Quand le ciel était incertain, nous faisions feu de quatre planches

L'amour demeurait bleu pervenche à l'été de la Saint-Martin

Le vin chantait dans les étains, elle se pendait à ma manche

Et nous roulions en avalanche de la table au lit de satin

À l'été, à l'été, à l'été de la Saint-Martin



C'étaient mémorables festins, c'étaient délectables nuits blanches

Je priais que mon cÅ“ur ne flanche à l'été de la Saint-Martin

L'amour avait l'odeur du thym et dans ses draps en ville franche

Ses jambes fuyaient comme tanche dont j'étais le menu fretin

À l'été, à l'été, à l'été de la Saint-Martin



Sonnez sonnez vieux sacristains, si le temps n'est plus aux pervenches

Amour n'est pas soif qui s'étanche à l'été de la Saint-Martin

Sonnez sonnez vieux sacristains et que vos cloches se déclenchent

Si tous mes souvenirs s'épanchent, notre amour tient bon ce qu'il tint

À l'été, à l'été, à l'été de la Saint-Martin.