Complainte De Pablo Neruda

Jean Ferrat · Best Of 3 CD [2009]

Je vais dire la légende de celui qui s'est enfui

Et fait les oiseaux des Andes se taire au cœur de la nuit

Le ciel était de velours, incompréhensiblement

Le soir tombe et les beaux jours meurent on ne sait comment



Comment croire,comment croire, au pas pesant des soldats

Quand j'entends la chanson noire de Don Pablo Neruda ?



Lorsque la musique est belle, tous les hommes sont égaux

Et l'injustice rebelle, Paris ou Santiago

Nous parlons même langage et le même chant nous lie

Une cage est une cage, en France comme au Chili



Comment croire, comment croire, au pas pesant des soldats

Quand j'entends la chanson noire de Don Pablo Neruda ?



Sous le fouet de la famine, terre, terre des volcans

Le gendarme te domine, mon vieux pays araucan

Pays double où peuvent vivre des lièvres et des pumas

Triste et beau comme le cuivre au désert d'Atacama



Comment croire, comment croire au pas pesant des soldats

Quand j'entends la chanson noire de Don Pablo Neruda ?



Avec tes forêts de hêtres, tes myrtes méridionaux

Ô mon pays de salpêtre, d'arsenic et de guano

Mon pays contradictoire, jamais libre ni conquis

Verras-tu sur ton histoire planer l'aigle des Yankees ?



Comment croire, comment croire au pas pesant des soldats

Quand j'entends la chanson noire de Don Pablo Neruda ?



Absent et présent ensemble, invisible mais trahi

Neruda que tu ressembles à ton malheureux pays

Ta résidence est la terre et le ciel en même temps

Silencieux solitaire et dans la foule chantant



Comment croire, comment croire au pas pesant des soldats

Quand j'entends la chanson noire de Don Pablo Neruda ?