Les Demoiselles De Magasin

Jean Ferrat · Camarade [1969]

Les demoiselles de magasin font sonner leur réveille-matin

Pour s'en aller prendre leur train, les demoiselles de magasin

Elles ne s'intéressent à rien, à part ces amants incertains

Qui leur filent entre les mains, les demoiselles de magasin



Et puis un beau jour, ces petites amours

Elles plient leurs beaux tabliers, laissent le rideau de fer baissé

Et les voilà les bras croisés devant leurs comptoirs désertés



Les demoiselles de magasin qui menaient leur petit train-train

S'apprêtent à faire un de ces foins, les demoiselles de magasin

Elles font grève avec entrain en croisant sagement leurs mains

Sur leurs belles cuisses satin, les demoiselles de magasin



Et puis un beau jour, ces petites amours

Les voilà qui vont défiler, un drapeau rouge déplié

Et volent volent leurs baisers sur les ouvriers d'à côté



Les demoiselles de magasin disaient leurs chefs avec chagrin

Cachaient un serpent dans leur sein, les demoiselles de magasin

Causez toujours tristes pantins, elles ne pensent plus qu'au grand brun

Qui leur a dit "dimanche prochain" ? Les demoiselles de magasin



Vous verrez qu'un jour, ces petites amours

Elles finiront par se marier avec ces gars du défilé

Histoire de réconcilier l'amour avec la liberté.