Les Oiseaux Déguisés

Jean Ferrat · Ferrat 95 [1994]

Tous ceux qui parlent des merveilles

Leurs fables cachent des sanglots

Et les couleurs de leur oreille, toujours à des plaintes pareilles

Donnent leurs larmes pour de l'eau



Le peintre assis devant sa toile, a-t-il jamais peint ce qu'il voit ?

Ce qu'il voit son histoire voile et ses ténèbres sont étoiles

Comme chanter change la voix



Ses secrets partout qu'il expose, ce sont des oiseaux déguisés

Son regard embellit les choses et les gens prennent pour des roses

La douleur dont il est brisé



Ma vie au loin mon étrangère, ce que je fus je l'ai quitté

Et les teintes d'aimer changèrent comme roussit dans les fougères

Le songe d'une nuit d'été



Automne, automne, long automne comme le cri du vitrier

De rue en rue et je chantonne, un air dont lentement s'étonne

Celui qui ne sait plus prier.