Lorsque S'En Vient Le Soir

Jean Ferrat · Ferrat 95 [1994]

Lorsque s'en vient le soir qui tourne par la porte

Vivre à la profondeur soudain d'un champ de blé

Je te retrouve amour avec mes mains tremblées

Qui m'es la terre tendre entre les feuilles mortes

Et nous nous défaisons de nos habits volés



Rien n'a calmé ces mains que j'ai de te connaître

Gardant du premier soir ce trouble à te toucher

Je te retrouve amour si longuement cherchée

Comme si tout à coup s'ouvrait une fenêtre

Et si tu renonçais à toujours te cacher



Je suis à tout jamais ta scène et ton théâtre

Où le rideau d'aimer s'envole n'importe où

L'étoile neige en moi son éternel mois d'août

Rien n'a calmé ce cÅ“ur en te voyant de battre

Il me fait mal à force et rien ne m'est si doux



Tu m'es pourtant toujours la furtive passante

Qu'on retient par miracle au détour d'un instant

Rien n'a calmé ma peur je doute et je t'attends

Dieu perd les pas qu'il fait lorsque tu m'es absente

Un regard te suffit à faire le beau temps



Lorsque s'en vient le soir qui tourne par la porte

Vivre à la profondeur soudain d'un champ de blé

Je te retrouve amour avec mes mains tremblées

Qui m'es la terre tendre entre les feuilles mortes

Et nous nous défaisons de nos habits volés.