Quatre Cents Enfants Noirs

Jean Ferrat · C'est Toujours La Premiere Fois [2006]

Quatre cents enfants noirs

Dans un journal du soir et leur pauvre sourire

Ces quatre cents visages

À la première page, m'empêchent de dormir



Toi, tu dors près de moi, heureuse, et je le sais

Tu dors comme autrefois, moi aussi je dormais

Si la nuit est venue, pourtant Paris n'est plus

Qu'un effrayant silence



J'attends que le jour vienne, j'attends que l'on éteigne

J'attends qu'un oiseau chante, qu'un oiseau chante



Quatre cents enfants noirs

Sans manger et sans boire, avec leurs grands yeux tristes

Ces quatre cents prières

Dans un hebdomadaire, rappellent qu'ils existent



Toi, tu dors malgré tout, de ton sommeil heureux

Tu dors et tout à coup, je suis seul avec eux

Le soleil s'est levé, l'arroseur est passé

À Paris c'est dimanche



Ceux qui veillaient s'endorment, ceux qui dormaient s'étonnent

Quelque part rien ne change, rien ne change, rien ne change.