Lune

Michel Jonasz · Best Of [2006]

Lune,

Tu peux m'allumer,

Tu peux essayer, au moins vas-y.

Tends-moi la perche,

Je serai à la hauteur.



Lune,

Le Soleil m'ennuie

Et j'attends la nuit.

Cruelle, j'ai peur. Reviendras-tu ?

Toute une journée sans nouvelles.



Lune,

Mes yeux, tous les soirs,

Sont remplacés par

Deux cercles blancs de lumière,

Le reflet d'un éclair de



Lune.

Laisse-moi t'embrasser,

Juste un seul baiser,

Une caresse du bout des doigts ou

Est-ce trop te demander là



Lune.

Tout c'qui nous sépare,

C'est cet espace noir.

Quatre cent mille kilomètres à peine.

J'en ai marre, la coupe est pleine.



Lune,

Peux-tu m'éclairer ?

Quelle syllabe chantée

Sort de ta bouche ? Est-ce un "Ah !"

Admiratif, ou un "Oh !" déçu ?

"Ce type qui perds ses tifs

Est d'une

Grande banalité.

J'peux plus l'supporter.",

Ou, au contraire, es-tu folle de moi

Comme je suis dingue de toi ?



Lune,

Cette blancheur fine,

Cette pâleur divine,

J'aime tout de toi,

Je connais tout de toi

Même si tu gardes



L'une

Des tes faces cachée.

Est-ce pour préserver

L'indispensable part de mystère

D'une beauté féminine ?



Lune,

Mes yeux, tous les soirs,

Sont remplacés par

Deux cercles blancs de lumière,

Le reflet d'un éclair de



Lune.

C'est pas pour la nuit,

C'est pour toute la vie.

Ne cherchons pas la bagatelle.

Nous l'aurons notre éternelle



Lune

De miel attendue.

Vite ! Je n'en peux plus.

Mon cœur est à feu et à sang.

J'peux plus passer de nuit'sans

Lune.