Ne Garde Rien

Michel Jonasz · L'essentiel [2000]

Ne garde rien des

Mauvais après-midi sombres.

Oublie les heures difficiles

Où l'on découvre que l'on avait caché dans ombre

Des méchancetés inutiles.

Ne garde rien des matins tristes où le cÅ“ur tremble.

Ils furent si courts.

Rappelle-toi seulement que l'on était toujours ensemble,

La nuit, le jour



Et ne garde rien d'autre, non,

Ne garde rien,

Car c'est une fragile ficelle qui nous retient,

Un trait d'union minuscule.

Si jamais la vie nous bouscule,

Ne garde rien.



Ne garde rien de nos promesses dans les décombres.

Oublie les premières morsures.

Elles n'ont laissé que des cicatrices peu profondes.

Ce sont de lointaines blessures

Mais souviens-toi : nous étions le bonheur même,

Et ça, ne l'oublie jamais.

Pense au nombre des heures passées à s'dire je t'aime.

Rappelle-toi seulement qu'on s'aimait



Et ne garde rien d'autre, non

Ne garde rien,

Car c'est une fragile ficelle qui nous retient

Et si jamais la ficelle casse,

Si les circonstances nous dépassent,

Ne garde rien.



Non, non, non, ne garde rien,

Ne garde rien.

Oh non, non, non, non, non, ne garde rien,

Ne garde rien.