Les Passantes (Live)

Francis Cabrel · L'Essentiel 1977-2007 [2007]

Je veux dédier ce poème à toutes les femmes qu'on aime

Pendant quelques instants secrets, à celles qu'on connaît à peine

Qu'un destin différent entraîne et qu'on ne retrouve jamais.



À celles qu'on voit apparaître, une seconde à sa fenêtre

Et qui, presque, s'évanouit, mais dont la svelte silhouette

Est si gracieuse et fluette qu'on en demeure épanoui.



À la compagne de voyage dont les yeux, charmant paysage

Font paraître court le chemin, qu'on est seul peut-être à comprendre

Et qu'on laisse pourtant descendre sans avoir effleuré sa main.



À celles qui sont déjà prises et qui, vivant des heures grises

Près d'un être trop différent vous ont, inutile folie

Laissé voir la mélancolie d'un avenir désespérant.



Chères images aperçues, espérances d'un jour déçues

Vous serez dans l'oubli demain, pour peu que le bonheur survienne

Il est rare qu'on se souvienne, des épisodes du chemin.



Mais si l'on à manqué sa vie, on songe, avec un peu d'envie

À tous ces bonheurs entrevus, aux baisers qu'on n'osa pas prendre

Aux cœurs qui doivent vous attendre, aux yeux qu'on n'a jamais revus.



Alors, aux soirs de lassitude, tout en peuplant sa solitude

Des fantômes du souvenir, on pleure les lèvres absentes

De toutes ces belles passantes que l'on n'a pas su retenir.