Le Quinze Juillet À Cinq Heures

Serge Lama · La Balade Du Poète [2012]

(Serge Chauvier/Yves Gilbert)



Ta voix murmure, tranquille et sûre

Comme un vieux disque qu'on écoute

Un verre de whisky à la main, sous la véranda on s'installe

Dans un bruit feutré de sandales, devant un parterre de fleurs

Le quinze juillet à cinq heures.



Le vent s'épuise sur la remise où mon piano s'endort enfin

Après une nuit de chagrin, sous le parasol du feuillage

Le vent feuillette page à page le livre de notre bonheur

Le quinze juillet à cinq heures.

Dans la maison de Frédéric, tu as classé quelques bouquins

Tu as disposé quelques fleurs, cueillies fraîches de ce matin

À ta main, une cigarette grésille, on mange du melon

Hormis la chanson des frelons, nous n'avons plus rien dans la tête.



Dans la maison de Frédéric, éblouis comme deux enfants

Tu me parles d'anciens amants, moi de mes maîtresses d'avant

Tu croques du raisin bien tendre, des grappes lourdes couleur d'encre

Je ferai du café tout à l'heure, le quinze juillet à cinq heures.



Presque irréelle, tu es si belle, entre mes cils, tu apparais

Comme une dame d'y a longtemps, je t'ai aimée ailleurs peut-être

Il faut que j'écrive une lettre à un vieil ami qui se meurt

Le quinze juillet à cinq heures.



Demain c'est triste, la vie d'artiste, on reprendra la vie d'avant

L'appartement où l'on s'ennuie

On invitera Frédéric, mes frères, tes sÅ“urs, toute la clique

Il ne restera qu'une odeur du quinze juillet à cinq heures.