Les Quatre Bacheliers

Georges Brassens · J'ai Rendez-Vous Avec Vous [2008]

Nous étions quatre bacheliers sans vergogne

La vraie crème des écoliers, des ecoliers.

Pour offrir aux filles des fleurs, sans vergogne

Nous nous fîmes un peu voleurs, un peu voleurs.



Les sycophantes du pays, sans vergogne

Aux gendarmes nous ont trahis, nous ont trahis.

Et l'on vit quatre bacheliers sans vergogne

Qu'on emmène, les mains liées, les mains liées.



On fit venir à la prison, sans vergogne

Les parents des mauvais garçons, mauvais garçons.

Les trois premiers pères, les trois, sans vergogne

En perdirent tout leur sang-froid, tout leur sang-froid.



Comme un seul ils ont déclaré, sans vergogne

Qu'on les avait déshonorés, déshonorés.

Comme un seul ont dit " C'est fini, sans vergogne

Fils indigne, je te renie, je te renie. "



Le quatrième des parents, sans vergogne

C'était le plus gros, le plus grand, le plus grand.

Quand il vint chercher son voleur sans vergogne

On s'attendait à un malheur, à un malheur.



Mais il n'a pas déclaré, non, sans vergogne

Que l'on avait'sali son nom, sali son nom.

Dans le silence on l'entendit, sans vergogne

Qui lui disait "Bonjour, petit, bonjour petit."



On le vit, on le croirait pas, sans vergogne

Lui tendre sa blague à tabac, blague à tabac.

Je ne sais pas s'il eut raison, sans vergogne

D'agir d'une telle façon, telle façon.



Mais je sais qu'un enfant perdu, sans vergogne

À de la corde de pendu, de pendu

A de la chance quand il a, sans vergogne

Un père de ce tonneau-là, ce tonneau-là.



Et si les chrétiens du pays, sans vergogne

Jugent que cet homme a failli, homme a failli.

Ça laisse à penser que, pour eux, sans vergogne

L'Evangile, c'est de l'hébreu, c'est de l'hébreu.