L'Å’il Magique

Lynda Lemay · Lynda Lemay [1996]

Y'en a qui s'ouvrent et qui s'balancent

Y'en a qui grincent, y en a qui dansent

Y'en a qui claquent d'un seul coup d'pied là où je pense



Lorsque tu sonnes et qu'tu t'annonces

Y'en a qui donnent jamais d'réponse

Y'en a des fragiles qui décrochent et qui s'défoncent



Et puis y en a des dures de dures

Tu cognes dedans comme dans un mur

Elles sont belles et grandes et métalliques

Elles te regardent attendre d'un œil magique



Y'en a des vieilles et des coincées

Y'en a des petites toutes bien huilées

Y'en a sur lesquelles t'as toujours l'oreille collée



Y'en a qui s'verrouillent pour toujours

Y'en a qu'on force quand on a l'tour

Y'en a qu'on prend seulement comme sortie de secours



Et puis y en a des dures de dures

Tu cognes dedans comme dans un mur

Elles sont belles et grandes et métalliques

Elles te regardent attendre d'un œil magique



Y'en a qu'on touche et puis qui craquent

Y'en a qu'on lâche, y en a qu'on plaque

Y'en a des transparentes qui donnent de bons spectacles



Y'en a qui t'prennent pour un voleur

Un Jéhovah, un colporteur

Y'en a qui s'laissent toujours avoir par la douceur



Et puis y en a des dures de dures

Tu cognes dedans comme dans un mur

Elles sont belles et grandes et métalliques

Elles te regardent attendre d'un œil magique



Y'en a souvent qui t'rendent jaloux

Dans les petits hôtels à 30 sous

Y'en a qui marchent avec n'importe quel passe-partout



Des pas barrées, des coulissantes

Des réservées aux employés

Des complètement absentes et... Et des barricadées !



Et puis y en a des dures de dures

Tu cognes dedans comme dans un mur

Elles sont belles et grandes et métalliques

Elles te regardent attendre d'un œil magique



Et puis y en a une toute modeste

Que t'as pas l'air de remarquer

Au 41, 1ère Avenue Ouest

Il suffirait qu'tu tournes... Sa jolie poignée.