Les Chansons Commencent

Patricia Kaas · Ma Liberté Contre La Tienne [2007]

(Jean-Jacques Goldman)



Un homme et une femme, ici, réinventent l'amour

Là-bas, d'autres quittent un pays pour toujours

Avant la bataille, un soldat veille, un enfant cherche le sommeil

On baptise ailleurs, on enterre tour à tour

Quand les mots s'arrêtent, quand s'épuisent les discours

L'alcool et les fêtes viennent à notre secours

Trop de bonheur ou de souffrance, et trop de peur et de non-sens

L'absurdité ne se dit pas, elle se danse



Alors les chansons commencent, déchirent le silence

Quand les mots sont trop courts, quand ils seraient trop lourds

Ou trop immenses, les musiciens s'avancent

Et les chansons commencent, tendre pauvre arrogance

Quand suffit plus de dire ou bien de réfléchir

Pour être ensemble, les chansons rassemblent



Pour une récolte, pour un présage à venir

Pour une révolte quand il faut mourir

Pour implorer nos saints, nos dieux mais pleurer nos destins de gueux

Quand le ciel est trop grand qu'il faudrait le remplir

Quand les rêves sont atteints, quand on brandit les coupes

Quand pleurer, s'étreindre et surtout ne rien dire

Quand les torrents font demi-tour

Quand même le temps suspend son cours

Quand ni gestes ni cris ne peuvent plus suffire



Alors les chansons commencent, déchirent le silence

Quand les mots sont trop courts, quand ils seraient trop lourds

Ou trop immenses, les musiciens s'avancent

Et les chansons commencent, et qu'on boive ou qu'on danse

Quand suffit plus de dire ou bien de réfléchir

Pour être ensemble, les chansons nous rassemblent



Dans nos creux, nos coïncidences, dans les bleus de nos existences

Quand on aime ou qu'on tremble, quand on se rassemble



Alors les chansons s'élancent, ainsi nos espérances

Pour être un peu moins rien, moins perdus qu'il nous semble

Un peu moins seuls, les chansons nous rassemblent.