Antipodes

Maxime Le Forestier · N°5 [1978]

Quand on creuse un trou par terre et qu'on creuse assez profond

Sûrement, quand on arrive au fond

On voit de la lumière, on voit de la lumière.

Quand on est à la lumière, qu'on a creusé un grand trou

Le tas de terre et de cailloux

Qu'est-ce qu'on doit donc en faire, qu'est-ce qu'on doit donc en faire ?

Une bosse à la planète sans un seul cheveu dessus.

Avec son grand chapeau pointu

La terre aura l'air bête, la terre aura l'air bête.



Vous me direz "Pour quoi faire ?", vous me direz "À quoi bon

Creuser sans chercher du charbon, de l'or ou bien du fer ?"

C'est trop pour ma pauvre tête de penser à tout cela.

Pourvu qu'un autre y pense pas, danger pour la planète.



Ça fait rien si on traverse, on doit voir des gens là-bas.

Est-ce qu'on arrive la tête en bas

Ou est-ce que c'est l'inverse, ou est-ce que c'est l'inverse ?

Autrement dit, je débouche sur le fond d'un océan.

Est-ce que c'est un bain que je prend

Ou bien est-ce une douche, ou bien est-ce une douche?

Qu'au fond du gouffre on se jette, on doit tomber dans le ciel.

C'est bien voler que ça s'appelle.

Savoir où ça s'arrête, savoir où ça s'arrête...



Vous me direz "Pour quoi faire, un grand trou ?", je vous réponds

"Quand j'ai besoin d'une chanson, je ferai sauter la terre".

C'est trop pour ma pauvre tête de penser à tout cela.

Pourvu qu'un autre y pense pas, la science n'est pas prête.



Quand on creuse un trou par terre et qu'on creuse assez profond

Est-ce quand on arrive au fond

On est moins con qu'hier, on est moins con qu'hier ?