Toulouse

Maurane · Carnet De Mô [2012]

Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin, parfois au fond de moi se raniment

L'eau verte du canal du Midi et la brique rouge des Minimes

O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse



Je reprends l'avenue vers l'école

Mon cartable est bourré de coups de poing

Ici, si tu cognes, tu gagnes, ici, même les mémés aiment la castagne

O mon païs, ô Toulouse



Un torrent de cailloux roule dans ton accent

Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes

On se traite de con à peine qu'on se traite

Il y a de l'orage dans l'air et pourtant

L'église Saint-Sernin illumine le soir

D'une fleur de corail que le soleil arrose

C'est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir

C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose



Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne

Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz

Est-ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne

Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?

Voici le Capitole, j'y arrête mes pas

Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses

J'entends encore l'écho de la voix de papa

C'était en ce temps-là mon seul chanteur de blues



Aujourd'hui, tes buildings grimpent haut

À Blagnac, tes avions sont plus beaux

Si l'un me ramène sur cette ville

Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?

O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse, Toulouse, Toulouse.