Famille

Jean Jacques Goldman · Singulier 81/89 [1996]

Et crever le silence

Quand c'est à toi que je pense

Je suis loin de tes mains

Loin de toi, loin des tiens

Mais tout ça n'a pas d'importance



J'connais pas ta maison

Ni ta ville, ni ton nom

Pauvre, riche, batard

Blanc, tout noir ou bizarre

Je reconnais ton regard



Et tu cherches une image

Et tu cherches un endroit

Où je dérive parfois



Tu es de ma famille

De mon ordre et de mon rang

Celle que j'ai choisie

Celle que je ressens

Dans cette armée de simple gens



Tu es de ma famille

Bien plus que celle du sang

Des poignées de secondes

Dans cet étrange monde

Qu'il te protège s'il entend



Tu sais pas bien où tu vas

Ni bien comment, ni pourquoi

Tu crois pas à grand chose

Ni tout gris, ni tout rose

Mais ce que tu crois, c'est à toi



T'es du parti des perdants

Consciemment, viscéralement

Et tu regardes en bas

Mais tu tomberas pas

Tant qu'on aura besoin de toi



Et tu prends les bonheurs

Comme grains de raisin

Petits bouts de petits riens



Tu es de ma famille

Tu es de ma famille

Du même rang, du même vent

Tu es de ma famille

Tu es de ma famille

Même habitants du même temps

Tu es de ma famille

Tu es de ma famille

Croisons nos vies de temps en temps