Juste Quelques Hommes

Jean Jacques Goldman · En Passant [1997]

Après les brumes, où commence le ciel

Où les aigles reculent, où manque l'oxygène

Où les grands froids règnent même au soleil

Aux neiges éternelles où rien ne pousse, où les âmes s'éteignent

Où plus rien ne frissonne, plus rien ni personne

Juste quelques hommes, quelques hommes



Au fond des fonds aux entrailles des mers

Où les sirènes sombrent en leurs sombres repaires

Plus loin que loin, aux extrêmes extrêmes où plus un être n'ose

Des astres éteints au sein des volcans même

Où les laves fusionnent, ni rien, ni personne

Juste quelques hommes, quelques hommes



Au plus sauvage, où renoncent les fauves

Dans les grands marécages où les humains pataugent

Au bout du mal, où tous les dieux nous quittent

Et nous abandonnent dans ces boues noires

Où même les diables hésitent, à genoux pardonnent

Juste quelques hommes, quelques hommes justes

Quelques hommes justes.