Femme-Objet

Bernard Lavilliers · Champs Du Possible [1994]

Quand je te vois passer, ma belle indépendante

Au son de la musique qui se joue des bas-fonds

Suspendant ta démarche voluptueuse et lente

Pour promener l'ennui de ton regard profond

Je t'attends comme un fauve, ma tigresse d'alcôve

Dans le jeu de miroirs de tes sous-entendus

Je n'ai que la mémoire d'un triangle entrevu



Attention ! La passion se nourrit d'obsessions.

N'oublie pas l'obsession n'admet que l'apparence.

Ton imagination carbure à des pulsions

Dont jamais la raison ne connaît l'existence.



Je sais qu'il est des yeux des plus mélancoliques

Qui ne recèlent point de secrets sulfureux

Des écrins sans diamants, des rythmes sans musique

Plus vides et plus profonds que l'absence de feu

Je t'attends comme un fauve, ma tigresse d'alcôve

Dans le jeu de miroirs d'un triangle entrevu

Je n'ai que la mémoire de tes sous-entendus



Attention ! La passion se nourrit d'obsessions.

N'oublie pas l'obsession n'admet que l'apparence.

Ton imagination carbure à des pulsions

Dont jamais la raison ne connaît l'existence.



Quand je te vois danser, magnifique indolente

Les hanches insolentes et la crinière mouillée

Je me dis qu'il suffit que tu sois l'apparence

Pour faire monter en moi quelques grandes marées

Qu'importe ton absence et ton indifférence

Tu n'es qu'un simulacre et j'adore ta beauté.