La Haine

Bernard Lavilliers · Voleur De Feu [1986]

Ça te monte, dans les veines comme un venin de murène

Ça t'écorche et ça t'emmène, ça ronge les figures de style

Ça rend fiévreux les tranquilles, ça épargne les imbéciles



La haine



Ça irrigue l'oeil du Tigre, ça surtend profond les fibres

Ça use mais tu restes libre, c'est perfide chez les bourgeois

Chez qui ça ne se dit pas même si elle est souterraine

C'est tordu, vulgaire et lourd, c'est laid, obsédant et blême

Mais c'est la vérité même, c'est la soeur de la révolte

La mère des révolutions, c'est le couteau de Danton



La haine



C'est tellement tendu parfois qu'on ouvrirait bien les bras

Pour que ça cesse mais ça monte dans tes veines

Comme un venin de murène, iI faut bien que tu la traînes



Ta haine



Ma frangine des matins froids, je te réveille pour te dire ça

Mais tu sais, il n'y a que toi que j'aime.