Noir Et Blanc

Bernard Lavilliers · Escale Au Gran [2006]

C'est une ville que je connais, une chanson que je chantais.

Y'a du sang sur le trottoir

C'est sa voix, poussière brûlée, c'est ses ongles sur le blindé.

Ils l'ont battu à mort, il a froid, il a peur.



De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.

Po Na Ba Mboka Nionso Pe Na Pikolo Nionso



Il vivait avec des mots qu'on passait sous le manteau

Qui brillaient comme des couteaux.

Il jouait d'la dérision comme d'une arme de précision.

Il est sur le ciment, mais ses chansons maudites

On les connaît par cÅ“ur.



La musique a parfois des accords majeurs

Qui font rire les enfants mais pas les dictateurs.

De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.

La musique est un cri qui vient de l'intérieur.



Ça dépend des latitudes, ça dépend d'ton attitude

C'est cent ans de solitude.

Y'a du sang sur mon piano, y'a des bottes sur mon tempo.

Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends

J'entends battre son cœur.



La musique parfois a des accords mineurs

Qui font grincer les dents du grand libérateur.

De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.

La musique est un cri qui vient de l'intérieur.



C'est une ville que je connais, une chanson que je chantais

Une chanson qui nous ressemble.

C'est la voix de Mandela, le tempo docteur Fela

Ecoute chanter la foule avec les mots qui roulent

Et font battre son cœur.



De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.

La musique est un cri qui vient de l'intérieur

Po Na Ba Mboka Nionso... Pe Na Pikolo Nionso

La musique est un cri qui vient de l'intérieur.