Petite

Renaud · Visage Pâle Rencontrer Public [1989]

Un briquet allumé dans ton p'tit poing levé

Ton regard qui se noie dans mes yeux délavés

Un keffieh un peu louche jeté sur tes épaules

Mon prénom dans ta bouche, ma photo dans ta piaule



Tes lèvres qui murmurent ces futiles refrains

Qui rouvrent des blessures dans ton cœur et le mien

Ton sourire un peu triste, une larme en cadeau

A l'accordéoniste qui fait pleurer mes mots



Quinze ans, seize ans à peine

Garde-moi ton amour

Garde-toi de la haine

Quinze ans, seize ans, je t'aime

Comme j'aime le jour

Petite, qui se lève



Une petite main jaune au revers du zomblou

Un côté un peu zone pour crier ton dégoût

De ce monde trop vieux, trop sale et trop méchant

De ces gens silencieux, endormis et contents



Quinze ans, seize ans à peine

Garde-moi ton amour

Garde-toi de la haine

Quinze ans, seize ans, je t'aime

Comme j'aime le jour

Petite, qui se lève



Et puis ce déchirures à jamais dans ta peau

Comme autant de blessures et de coups de couteau

Cicatrices profondes pour Malik et Abdel

Pour nos frangins qui tombent, pour William et Michel



Quinze ans, seize ans à peine

Garde-moi ton amour

Garde-toi de la haine

Quinze ans, seize ans, je t'aime

Comme j'aime le jour

Petite, qui se lève