À La Gueule Des Noyés

Calogero · Live 1.0 [2005]

(Patrice Guirao/Calogero Maurici/Gioacchino Maurici)



Cravachée de lumière, la mer houle à la mort

Ses clameurs solitaires sur les bouées du port

Un enfant joue dehors, le cœur dans les filets

À défier le sort en jetant des galets, en jetant des galets



Bientôt il sera l'heure, il quittera l'enfance

Tout en narguant sa peur, il tentera sa chance

Plus loin que l'horizon, là où l'ombre s'efface

Il doit couper les ponts pour retrouver les traces

Pour retrouver sa trace



Il sait que l'aube est infidèle et son destin comme cette houle

Qui ne déploie jamais ses ailes

Il sait que rien n'est plus cruel que le silence que la mer roule

Comme une caresse ou un appel, il sait



Alors il partira, comme est parti ce frère

Dont il parlait tout bas, le soir dans ses prières

Personne ici ne pleure l'absence d'un bateau

Chacun a sa douleur qu'il garde bien au chaud

Qu'il garde bien au chaud



Il sait que l'aube est infidèle et son destin comme cette houle

Qui ne déploie jamais ses ailes

Il sait que rien n'est plus cruel que le silence que la mer roule

Comme une caresse ou un appel, il sait



Le cortège est passé, il ne l'a pas suivi

Il ne va plus prier, il sait qu'il a grandi

Alors les dents serrées, il jette ses galets

À la gueule des noyés, pour voir la mer pleurer

Pour voir la mer pleurer, il jette ses galets

À la gueule des noyés, pour voir la mer pleurer.