Au Pavillon Des Lauriers

Alain Bashung · Fantaisie Militaire [1998]

Des toges me toisent

Des érudits m'abreuvent de leurs fioles

À quoi c'est dû cette assiduité

À sillonner sans répit ma macédoine

À quoi c'est dû



Au pavillon des lauriers

Il est tard pour se demander

À quoi c'est dû ces lauriers

À quoi c'est dû ces chaluts qui n'entravent que l'océan

Au pavillon des lauriers

Il faut voir à ne célébrer

Que l'insensé

Je veux rester fou



Derrière mes paupières

Filent des régates

Mes années-lumière sont pas des lumières

Mais je veille

Sur un grain de toute beauté

Un grain de toute beauté



À quoi c'est dû

Ces attributs

À quoi c'est dû

Ce duvet pachyderme

Ces alizés camisolés

À quoi c'est dû



Au pavillon des lauriers

Il est tard pour se demander

À quoi c'est dû ces corvées

À quoi c'est dû ces résidus d'amour aveugle

Au pavillon des lauriers

Il faut croire qu'on a savonné

La liberté

Je veux rester fou



J'adresse aux rivières

Des lettres de brume

Les anniversaires j'ai l'air dans la lune

Mais je veille

Sur un grain de toute beauté

Un grain de toute beauté



À quoi c'est dû

À quoi c'est dû