Le Vieux Marin

Pierre Perret · La Bête Est Revenue [1998]

Je baisais, quand j'avais vingt ans,

Dans tous les ports, dans toutes les villes

De Bornéo jusqu'à Lorient.

Dehors, dedans, à domicile,

Je baisais inlassablement.



J'étais marin, toujours content

De naviguer fort à l'aise,

De tirer sur le cabestan,

Jamais contrarié du gros temps,

Pourvu qu'en arrivant, je baise.



Je ne fréquentais les bordels

Que par pure délicatesse

Car je plaisais aux demoiselles

Mais il faut penser à toutes celles

Qui n'ont pour manger que leur fesses.



J'en ai connu une bien gentille,

Une belle coquine qui besognait.

Elle m'enveloppait dans ses chevilles,

Entre ses lèvres et ses poignets.

On se rendait bien la monnaie.



C'était une saine brunette,

Or la mignonne profita

Que j'avais un chat dans la gorge

Pour butiner mon sucre d'orge.

Le diabète ne l'inquiétait pas.



La garce, elle a été perverse.

Je l'encourageais en tout cas

Car ces pratiques étaient diverses

Et la belle était folle de joie

Quand sa menotte avait'six doigts.



Elle survolait toute ma couche.

Son rose petit con charmant

Venait'se poser sur ma bouche.

On aurait dit un oiseau mouche

Ou un papillon insouciant



Et je bandais en soulevant

Le drap mouillé de fusées fraîches,

Changeant d'hôtel et de caresse

Et en traversant ma jeunesse

Au gré des filles, au gré du vent.



Ainsi parlait un marseillais,

Un vieux marin de la joliette

Qui attirait encore les jupons

Car nombreuses étaient les fillettes

Qui lui tiraient sur le pompon.



Il dit : " J'ai le cÅ“ur plein de gaieté,

Bien que je ne baise plus guère.

A quatre-vingt balais, peuchère,

Je me dis, putain, bonne mère,

Que j'ai bien fait d'en profiter.



A quatre-vingt balais, peuchère,

Je me dis, putain, bonne mère,

Que j'ai bien fait d'en profiter.

Le Vieux Marin

Pierre Perret's 'Le Vieux Marin' stands as a poignant song within his extensive discography, showcasing the French singer-songwriter's signature blend of narrative storytelling and melodic warmth. Released on the 1998 album La Bête Est Revenue, the track reflects Perret's enduring ability to craft intimate portraits of everyday life and human experience. Known for his distinctive voice and poetic lyrics, Perret has maintained a significant presence in the French music scene for decades, often exploring themes of nostalgia, love, and social observation. This recording captures his mature artistry, offering listeners a moment of reflection characteristic of his later work. The song contributes to a rich body of recordings that define his legacy, appealing to fans of traditional French chanson who appreciate lyrical depth and emotional resonance without relying on overt spectacle.