Mad'moiselle Roselina

Pierre Perret · Chansons Nouvelles 73 [1973]

Y'a une vieille fille, une sÅ“ur à papa qui habite en Oklahoma.

Elle a la cuisse virginale et le nez en source thermale

Mais sur sa moustache toute givrée, le matin, quand elle va prier

Nul n'a jamais pu prélever quelque baiser dépravé.



Qui c'est qui a un Å“il à Frisco et l'autre à Chicago ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina qui n'arrose pas son bégonia !

Qui c'est qui a une épine cachée sous son jupon broché ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina !

Quand on la touche, on s'pique les doigts !



Elle vit toute seule dans sa grande cuisine

Tout près de sa vieille carabine

Et regarde, à travers ses volets, les amoureux se cajoler

Parce qu'elle défends son joli bijou contre les vilains croque-minous

Depuis déjà plus de trente ans, on lui chante cet air dégoûtant.



Qui c'est qui a un Å“il à Frisco et l'autre à Chicago ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina qui n'arrose pas son bégonia !

Qui c'est qui a une épine cachée sous son jupon broché ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina !

Quand on la touche, on s'pique les doigts !



Puis un beau jour, elle vint à Paris avec son petit château gris

Et papa, en guise de cadeau, lui a fait boire un bon coup d'Bordeaux

Ce fut magique et sans pareil, comme si elle avalait le soleil

Et son sourire en cuisse ouverte fut comme un signal d'alerte.



Qui c'est qui a un Å“il à Frisco et l'autre à Chicago ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina qui n'arrose pas son bégonia !

Qui c'est qui a une épine cachée sous son jupon broché ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina !

Quand on la touche, on s'pique les doigts !



Et toute la nuit, elle fit la fiesta dans une boîte où elle embarqua

Un catcheur qui avait une moumoute et les oreilles face à la route.

Quand vint le jour de repartir, en short et en bottes de cuir

Elle grimpa au mât du bateau pour chanter à tous les matelots.



Qui c'est qui a un Å“il à Frisco et l'autre à Chicago ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina qui ne retrouve plus son bégonia !

Qui c'est qui a une épine cachée sous son jupon broché ?

Mais c'est mad'moiselle Roselina !

Quand on la touche, on s'brûle les doigts !

Mad'moiselle Roselina

Pierre Perret stands as a defining figure in French chanson, celebrated for his poetic storytelling and distinctive vocal delivery. Released in 1973 on the album Chansons Nouvelles 73, Mad'moiselle Roselina exemplifies the artist's ability to craft intimate narratives that resonate with listeners. During this period, Perret solidified his reputation for blending traditional French musical sensibilities with contemporary lyrical themes. The recording captures his signature style, characterized by a gentle yet emotive approach that often explores everyday life and human connection. This work remains a significant song in his extensive discography, reflecting the creative vitality of his early career. Perret's contributions to the genre continue to influence subsequent generations of singers, ensuring his legacy endures within the broader landscape of French popular music.