Tu N'En Reviendras Pas
Leo Ferre · Les Chansons D'Aragon [1961]
Jeune homme dont j'ai vu battre le cÅ“ur à nu
Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n'en reviendras pas, vieux joueur de manille
Qu'un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre
Et toi, le tatoué, l'ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux
On part, Dieu sait pour où, ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part, ça commence à n'être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève
Roule au loin, roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secoue
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac, la laine et la sueur
Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées
Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s'efface
Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri.
Tu N'En Reviendras Pas
Leo Ferre's "Tu N'En Reviendras Pas" stands as a poignant example of his mid-1960s work, captured on the album "Les Chansons D'Aragon." The track exemplifies the French chanson tradition, blending poetic lyricism with a melodic sensibility characteristic of Ferre's era. Recorded in the early 1960s, the song reflects the intimate and often melancholic tone found in his discography from that period. Ferre's vocal delivery and compositional choices create a cohesive listening experience that resonates with the cultural atmosphere of post-war France. This recording remains a significant piece in his catalog, showcasing his ability to translate literary themes into accessible yet emotionally resonant music.

